Réussir son mémoire de Master en Management
Interview de Jérôme BARAY & Hugo GAILLARD
"Le mémoire de Master en management évolue !" : Interview de Hugo Gaillard et Jérôme Baray autour de leur manuel "Réussir son mémoire de Master en Management"

Interview réalisée par Aimée VAYER, gestionnaire du laboratoire ARGUMans
Les co-auteurs, Hugo Gaillard et Jérôme Baray, répondent à nos questions
Qu'est-ce qui vous a motivés à écrire cet ouvrage ?
Hugo Gaillard : Nous avons accompagné, au fil des années, des centaines d'étudiants dans la réalisation de leur mémoire. Et nous constations toujours les mêmes difficultés, souvent liées à un manque de méthode plutôt qu'à un manque de volonté. Notre motivation était donc double : proposer un manuel clair, rigoureux et accessible, mais aussi redonner du sens au mémoire comme moment de réflexion personnelle et professionnelle, à l'heure où cet exercice, contrairement à ce qu'on peut entendre ici ou là, ne cesse d'évoluer.
Jérôme Baray : Il y avait aussi cette envie de réconcilier l'académique et le pratique. Comme nous l'écrivons dans l'introduction, le mémoire n'est pas une simple « figure de style académique ». C'est un outil à la frontière entre recherche et conseil, qui permet à l'étudiant de s'accomplir en professionnel éclairé, et porteur d'une spécialisation valorisée à travers son mémoire.
Vous identifiez six grandes erreurs récurrentes dans les mémoires de management. Pourriez-vous développer deux d'entre elles ?
Hugo Gaillard : La première erreur fréquente, c'est de confondre un problème et une problématique. Par exemple, "la baisse de motivation des employés" est un problème trop vague. La problématique, elle, doit préciser une relation et un cadre, comme : "comment les pratiques de reconnaissance des managers de proximité influencent-elles l'implication organisationnelle des employés dans une entreprise technologique ?". Cette précision donne une direction claire au mémoire et évite la dispersion.
Jérôme Baray : Une autre erreur typique concerne le désalignement entre le design de recherche et le projet. Nous voyons par exemple des étudiants utiliser des questionnaires fermés pour explorer des perceptions qu'ils comprennent encore à peine, ou à l'inverse, tenter des analyses statistiques sophistiquées sur des données qualitatives mal structurées. Dans les deux cas, les résultats manquent de cohérence. C'est pourquoi nous insistons sur l'importance de choisir et de justifier une méthodologie en cohérence avec les objectifs du mémoire.
Quels types d'outils pratiques l'étudiant trouvera-t-il dans votre ouvrage ? Votre guide propose aussi une intégration raisonnée de l'IA générative. Quelle posture éthique recommandez-vous aux étudiants dans son usage ?
Hugo Gaillard : Nous avons voulu un livre très concret. L'étudiant y trouvera des encadrés, des schémas explicatifs, des grilles d'analyse, des check-lists, mais aussi des exemples de recommandations managériales chiffrées. L'idée est d'offrir des outils immédiatement mobilisables pour sécuriser chaque étape du mémoire.
Jérôme Baray : Et nous avons intégré l'IA générative comme un véritable appui. Elle peut aider à explorer une revue de littérature, à générer des questionnaires, ou encore à tester des scénarios. Mais nous insistons : l'IA ne doit jamais écrire le mémoire à la place de l'étudiant. La posture éthique, c'est celle de la transparence, de l'esprit critique et de la validation humaine. L'étudiant doit rester auteur et garant de son travail, en mobilisant l'IA comme un outil d'appui, pas comme un substitut.
Le mémoire est parfois vécu comme une épreuve obligatoire et contraignante. Comment votre livre peut-il aider à le transformer en opportunité d'apprentissage ? Et quels bénéfices concrets un bon mémoire peut-il apporter à la carrière professionnelle d'un étudiant ?
Hugo Gaillard : Nous rappelons dans l'ouvrage que chaque étape – du choix du sujet à la soutenance – est une opportunité de développement personnel et professionnel. Un mémoire bien mené est un véritable outil de pilotage de carrière : il aide l'étudiant à clarifier ses aspirations, à développer sa réflexivité et à renforcer son expertise dans une niche particulière, comme l'a dit mon collègue Jérôme en début d'entretien.
Jérôme Baray : Et oui, les bénéfices sont très concrets ! Un mémoire solide peut déboucher sur une publication, être présenté dans une conférence académique ou professionnelle, ou encore être valorisé par l'entreprise d'accueil sous forme de recommandations opérationnelles. C'est une carte de visite professionnelle, qui témoigne à la fois de la capacité de rigueur et de la créativité de l'étudiant.
Enfin, quelle valeur ajoutée espérez-vous que cet ouvrage apporte aux pratiques pédagogiques en management ? Si vous deviez résumer ce guide en trois mots, lesquels choisiriez-vous ?
Hugo Gaillard : Nous espérons qu'il servira de ressource commune pour les enseignants et les étudiants. Un manuel qui fixe des repères méthodologiques, tout en laissant place à la créativité et à l'adaptation aux contextes variés de réalisation des mémoires.
Jérôme Baray : En trois mots, je dirais : Rigueur, pragmatisme, autonomie. Rigueur scientifique, pour que le mémoire soit crédible ; pragmatisme, parce que nous donnons des outils immédiatement utilisables ; et autonomie, car l'étudiant reste au cœur de la démarche, acteur de sa réussite.
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Un guide complet et progressif indispensable pour rédiger son mémoire.
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